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Une journée chez Aldebaran à Issy-les-Moulineaux (92)

Rencontre du 3e type

Après le chien robot développé par Sony, bienvenue dans l’ère du robot humanoïde ! Une start-up française, Aldebaran, s’est lancée dans cette aventure. Et, depuis sa création en 2005, elle croît au rythme de la "robolution", la révolution des robots. Le premier-né, Nao, marche, danse, mais surtout parle et "comprend" ce qu’on lui dit. Son frère, Pepper, interprète en plus les émotions. Ces concentrés de technologie, qui aiment être entourés d’humains, comme ils l’affirment de leur voix électronique, sont chouchoutés par les ingénieurs et les techniciens d’Aldebaran. 380 professionnels, de 27 nationalités différentes, travaillent au siège, près de Paris. Moyenne d’âge : 30 ans.

 

La conception

"Plus q'un bel objet motorisé, c'est un mix entre une voiture haut de gamme et un ordinateur", résume Alexis Bernazeau, ingénieur chef de projet Nao. Un robot est conçu pour accueillir de nouvelles fonctionnalités. Des applications ludo-éducatives peuvent être téléchargées pour faire danser le robot ou apprendre une nouvelle langue avec lui. Une dizaine de métiers participent à la conception de ce produit high-tech : recherche et développement, design, industrialisation, production, tests, marketing, qualité... Alexis est le chef d'orchestre de tous ces intervenants. "Je prends en compte les choix et les problématiques techniques de chacun. Je réunis tout le monde pour faire le point sur l'avancement des travaux, selon le planning établi." Actuellement à l'étude, un nouveau design sécurisé pour Nao, en vue de sa distribution auprès du grand public. La priorité ? Éviter tout risque pour l'utilisateur de se coincer les doigts dans les articulations du robot.

L'intégration

De l'esquisse aux modélisations 3D, le robot a pris des formes arrondies et lisses. Sans dénaturer son esthétique, il faut le rendre fonctionnel. Ludovic Hochu, directeur R & D au département mécatronique, et son équipe de 24 électroniciens, mécaniciens et mécatroniciens sont chargés de l'intégration des divers éléments : cartes électroniques, actionneurs, capteurs, diodes, batterie, moteurs... Chaque articulation (coudes, épaules, cou...) a son propre moteur, relié aux autres par des câbles invisibles de l'extérieur. "La difficulté est de miniaturiser au maximum les mécanismes. Compacts et légers, ils laissent plus d'autonomie aux robots." Nao et Pepper sont ainsi dotés d'une grande capacité de mouvement. Démonstration avec Étienne Afchain et son équipe d'animateurs. Ensemble, ils imaginent des pas de danse, mettent en scène le réveil des robots à l'allumage, créent des sons attractifs...

La développement d'application

"Je programme le corps du robot pour lui donner une intelligence artificielle", explique Angelica Lim, ingénieure application "émotion" et doctorante. Grâce à un logiciel embarqué, Pepper peut interpréter la joie comme la tristesse sur un visage humain. Pour arriver à ce résultat, il faut passer en revue toutes les expressions que le robot doit reconnaître. "Travailler sur la robotique, c’est travailler sur l’humain", résume-t-elle, avant de lancer à Pepper : "Je suis contente !" A-t-il bien reçu le message ? L’équipe va le tester.

 

La développement d'applications

De son côté, Nao intègre des applications dédiées aux enfants autistes. Aux commandes : Céline Boudier, une autre ingénieure application, responsable d’une équipe de cinq personnes. "Nao demande à l’enfant d’épeler des mots, de reconnaître des animaux sur des cartes ou de deviner les émotions qu’il imite." Chaque matin, ces experts de la programmation allument "leur" robot, comme on démarre son ordinateur. "C’est un outil de travail, mais aussi un collègue", nous confie l'équipe. 

 

L'industrialisation

Après la sortie de quelques prototypes grâce à une imprimante 3D, le produit est validé conforme. Nicolas Delattre définit alors les méthodes de fabrication. Un robot est constitué de plusieurs modules (épaules, bras, mains, torse, tête…). "Je me rends souvent en Chine pour expliquer à nos sous-traitants comment assembler les éléments. Si une pièce ne peut pas être montée sur une autre, il revient à la R&D d’en créer une nouvelle." Responsable des assemblages, il pilote également les tests de post-production réalisés en interne.

L'après-vente

La vie d’un robot se poursuit chez les clients (enseignants, chercheurs, développeurs...). "Je n’arrive pas à programmer mon robot pour lui faire monter une marche." "Un engrenage est endommagé suite à une chute"...Responsable client SAV, Émilio Roth répond à toutes sortes de demandes. " Je filtre les problèmes qui relèvent
de la programmation, de la mécanique ou de l’électronique, et je fais le lien avec les réparateurs." Les solutions trouvées contribuent à l’amélioration des systèmes. La "robolution" est vraiment en marche...

 

Zoom sur la "robolution" en 15 images