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Une journée chez Hermès

Le geste Hermès

Le luxe à la française n’en finit pas de séduire à travers le monde. Un savoir-faire unique, porté par de grandes maisons, dont Hermès. À l’origine de chaque article, des professionnels passionnés œuvrent au quotidien pour faire rayonner la marque. L’enseigne emploie plus de 11 000 personnes à travers le monde, dont 6 600 en France. Le pôle cuir, activité phare de la maison, compte plus de 2 800 collaborateurs, dont 2 400 artisans. La marque compte 14 sites de production pour le cuir, tous en France. Une fois les sacs façonnés, ceux-ci sont vendus dans les 319 points de vente à travers le monde. Plongée dans l’univers Hermès, aux ateliers de Pantin, au siège historique, puis à la boutique « phare » de la maison parisienne, 24 rue du Faubourg-Saint-Honoré.

En atelier

Dominique Silva est sellier-maroquinier au sein des ateliers Hermès de Pantin. Il travaille à l’atelier « croco » (pour crocodile), qui comprend une vingtaine de selliers-maroquiniers. Dans ses mains, une pochette couleur « étrusque ». « Ce modèle nécessite de 8 à 9 heures de travail, explique-t-il. Tous mes gestes doivent être précis, minutieux, maîtrisés, car chaque modèle est unique et monté à la main. »

Pour coudre la pochette, Dominique utilise le « point sellier », spécifique à Hermès. « Je me sers de deux aiguilles et d’un fil. C’est une technique difficile, qui demande précision et concentration. Il faut piquer droit, et être bien aligné ! Le point sellier assure une vraie solidité, contrairement à une couture simple ou machine. » Pour chaque sac, Dominique suit un cahier des charges précis, conçu par le bureau des méthodes, qui recense la gamme opératoire de montage, c’est-à-dire les différentes étapes de montage.

En atelier

« Le métier demande aussi de la force », ajoute-t-il, sollicité pour « retourner » un sac. « Le crocodile est une matière difficile à manipuler. Certains modèles sont montés à l’envers, il faut donc les retourner. Là encore, les gestes doivent être précis, pas le droit à l’erreur ! » Dominique enfile des gants pour ne pas laisser de traces de doigts sur le cuir, puis commence le « retournage », qui dure plusieurs minutes. Petit à petit, le sac prend forme…

La création

À l’origine de tout sac Hermès, il y a la création. Couli Jobert est directrice de création de la maroquinerie et de l’équitation chez Hermès. « Mon rôle est celui d’un chef d’orchestre. Je dois mener à bien les collections pour qu’elles perdurent. Chez Hermès, nos créations doivent s’inscrire dans le temps. Il faut entre 1 an et demi et 2 ans pour sortir un nouveau modèle. »

Avec son studio, composé de créatifs, Couli Jobert imagine les modèles, choisit les matières, les couleurs… « Une fois qu’on a l’idée, il faut que celle-ci soit réalisable ! Les discussions sont nombreuses entre le service du développement des collections, les chefs de produit, les bureaux d’études et des méthodes (qui étudient la faisabilité, les prix), le bureau des orfèvres pour les pièces métalliques… : nous échangeons toutes les semaines ! Et puis, il y a bien sûr les artisans, qui sont au cœur de la création du sac. »

La création

Un dialogue qu’elle entretient également avec les commerciaux. « Je fais régulièrement des briefs avec le service du développement des opérations et les équipes commerciales. Je leur présente la collection, j’explique l’esprit, pourquoi on y croit, comment la mettre en scène… Il ne s’agit pas uniquement de créer un sac, il faut aussi l’accompagner jusqu’à sa vente. »

En boutique

La vente, c’est la mission de Marine Gaudré, vendeuse qualifiée à la boutique historique d’Hermès, 24 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, qui regroupe près de 200  vendeurs sur 2 000 mètres carrés !

Sur le comptoir, le sac « Berline », un modèle imaginé par Couli Jobert. « Je dois connaître l’histoire de chaque sac, ses caractéristiques, la manière dont on l’entretient. Il me faut aussi maîtriser l’aspect merchandising, savoir comment le présenter en vitrine… Il y a également des mots-clés et des éléments de langage à utiliser. Et bien sûr, il faut tout savoir des spécificités du cuir. »

En boutique

Pour ces sacs « Berline », par exemple, Marine met en avant les différences entre le modèle bleu (en cuir lisse) et le vert (grainé), explique pourquoi la bandoulière est « bi-matière » (pour éviter qu’elle ne glisse), et montre les bons gestes à avoir pour l’entretenir. Pour chaque vente, Marine doit conseiller le client et le guider vers le modèle qui lui conviendra.

« Chez Hermès, nous prenons le temps avec les clients. J’apprécie cette liberté qui m’est donnée, c’est rare… J’aime également mettre en valeur le travail des artisans. Ce n’est pas seulement un sac que je vends, mais une histoire, un savoir-faire. » Deux mots qui résument bien le luxe « à la française ».

Une journée chez Hermès

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